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En savoir plus sur l’échelle de Norwood-Hamilton : Stade et évolution de la calvitie

Stade et évolution de la calvitie avec l’échelle Norwood

Développée dans les années 50 par James B. Hamilton et réactualisée en 1975 par le Docteur O’tar Norwood, dermatologue et chirurgien spécialisé dans la greffe de cheveux, l’échelle de Norwood-Hamilton définit les différents stades et évolution de la calvitie (ou l’apoécie) chez l’homme.

Et même si aujourd’hui elle est plus communément appelée l’échelle de Norwood, c’est bel et bien l’anatomiste James B. Hamilton qui est à l’origine d’une découverte de poids, dont l’histoire est surprenante ! Il a prouvé que la calvitie masculine nécessite à la fois une prédisposition génétique et de la testostérone…en étudiant des prisonniers castrés.

Qui était James B. Hamilton ?

Le Docteur Hamilton, diplômé en 1935 d’un PHD en anatomie de l’université de Yale, aux Etats-Unis, a été le premier à montrer la relation entre les hormones mâles et l’espérance de vie, ainsi que les effets de la testostérone.

Avant lui, on savait déjà que la calvitie avait un caractère héréditaire et qu’elle était bien plus fréquente chez l’homme que chez la femme. En outre, on avait remarqué que la perte de cheveux féminine se produisait souvent chez les femmes atteintes de tumeurs…sécrétant des androgènes, soit des hormones masculines dont la composante principale est justement la testostérone.

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Dr James B. Hamilton – 1954 – Photo by Philip J. Fleury

La castration pour lutter contre la calvitie ?!

Aussi barbare que cela puisse paraître aujourd’hui, en 1950 dans le Kansas et 27 autres États, les prisonniers diagnostiqués retardés mentaux étaient souvent castrés. Cette castration était censée contrôler les possibles agressions sexuelles. Des statistiques montraient déjà que ces détenus castrés, un peu comme les chats stérilisés (!), vivaient plus longtemps que les hommes toujours en possession de leurs attributs. Chose étonnante, ils vivaient même plus longtemps que les femmes détenues.

Mais Hamilton va aller plus loin. Un jour, le Docteur remarque la présence d’un jumeau monozygote (c’est à dire provenant de la division d’un oeuf fécondé unique) venu rendre visite à son frère détenu. Contrairement à l’homme castré dont la chevelure est intacte, le jumeau est clairement atteint de calvitie. Intrigué, Hamilton décide de faire une expérience et de donner de la testostérone à l’homme castré. On raconte que la voix du pauvre détenu devint plus grave, que sa libido se réveilla, qu’il développa musculature et acné. Puis, peu à peu, qu’il perdit ses cheveux…

Cette population de mâles castrés fut un excellent moyen pour démontrer la relation entre l’évolution de la calvitie et les hormones masculines. Aussi, Hamilton décida d’étudier les 104 hommes prisonniers défaits de leur appareil génital. Il remarqua que les individus qui avaient été castrés avant la puberté n’avaient pas développé d’alopécie et gardaient une belle ligne capillaire. Petite anecdote, Hyppocrate lui-même l’avait déjà remarqué et exprimé dans ces Aphorismes avec la phrase “eunuchs are not subject to gout nor do they become bald” (Les eunuques ne souffrent pas de la goutte, ni ne deviennent chauves). Pour les hommes castrés durant l’adolescence, la chute de cheveux fronto-temporale restait mineure et aucun d’entre eux n’avait développé de vertex. Toutefois, castrés à un âge plus avancé, ils avaient davantage tendance à être chauves. Les hormones masculines jouaient donc bien un rôle dans l’apparition puis l’évolution de la calvitie. Elles sont un prérequis et une incitation au développement de l’alopécie chez l’homme. Mais pas que !

L’hérédité, un facteur clé du développement de l’alopécie

D’ailleurs, Hamilton décida de mener une expérience sur les sujets ayant été castrés avant la puberté en leur administrant de la testostérone par voie orale. Seulement certains développèrent une calvitie notamment dans le cas où un membre de leur famille était déjà touché par cette pathologie ! Hamilton fut donc en mesure de relier la réponse ou la non-réponse à la testostérone à la présence de chauves dans la famille du cobaye. Le lien entre calvitie et hérédité était prouvé.

C’est en 1970 que l’échelle est remise à jour par le Docteur Norwood, avec 4 stades intermédiaires supplémentaires. L’échelle de Norwood-Hamilton reste aujourd’hui la norme en médecine en ce qui concerne les stades de la calvitie..

 

Et vous, à quel stade d’alopécie vous trouvez-vous ? Votre père, grands-pères ou autres membres de votre famille étaient-ils atteint de calvitie ?

sources :

http://www.nytimes.com/1991/02/13/obituaries/james-b-hamilton-80anatomy-expert-dies.html

http://www.sitri.it/hamilton/Hamilton

http://onlinelibrary.wiley.com/store/10.1111/exd.12702/asset/exd12702.pdf

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