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Greffe de cheveux – Man VS Machine : Les robots vont-ils remplacer l’homme ?

Greffe de cheveux – Man VS Machine : Les robots vont-ils remplacer l’homme ?

L’homme vs la machine en greffe capillaire. Ce fut un sujet récurrent lors des derniers Masters’ Meeting DHI, la réunion annuelle des experts de la restauration capillaire, qui a eu lieu il y a deux semaines. Et pour cause, de plus en plus de cliniques pratiquent l’automatisation en greffe de cheveux, soit par le biais de robots, de machines ou de punchs automatisés.

Mais ces techniques sont-elles vraiment en mesure de rivaliser face aux méthodes de greffe capillaires manuelles et surtout, le sont-elles vis à vis de la Méthode DHI ?L’homme peut-il réellement être remplacé par la machine dans le cadre de la greffe capillaire ? Si ces méthodes automatisées présentent des avantages bien réels, elles ne sont pas exemptes d’inconvénients, surtout, et malheureusement, pour les patients.

Qu’est ce que la greffe capillaire automatisée ?

L’implantation folliculaire automatisée ou IFA est une technique d’extraction d’unité folliculaire réalisée à l’aide d’une machine. Les machines les plus connues sont Safer® et le robot Artas®. Certains centres ou cliniques utilisent aussi des punchs automatisés, comme ceux utilisés pour les greffes « low cost »  proposées dans les pays qui en ont fait leur spécialité comme la Turquie.

Avec Safer® ou NeoGraft®

Pour l’extraction des follicules, Safer®  utilise un punch automatisé à tête rotative munie d’un aspirateur. Cette pièce à main peut être programmée afin de varier la vitesse de rotation. Une fois aspirés, les greffons sont réceptionnés dans une chambre de stockage dans l’attente d’être réimplantés. A l’aide d’une pièce à main dotée d’un piston, les greffons sont « soufflés » dans les incisions (ou fentes) préalablement faites sur la zone receveuse.

Avec Artas®

Ce robot utilise une technologie d’imagerie numérique afin de cartographier et analyser les regroupements naturels des cheveux sur le cuir chevelu du patient. La société Américaine qui a développé cette innovation à investi plusieurs centaines de millions de dollars dans le développement de cette « révolution » en promettant qu’une fois réglé, le système de scanner 3D pourrait analyser l’orientation, l’angle, la profondeur et la densité des cheveux.

Avantages des systèmes automatisés

L’utilisation des systèmes automatisés, qu’ils soient via des robots ou des punchs motorisés, permet logiquement de réduire la durée de l’intervention, et donc de diminuer les coûts liés à celle-ci. Cet aspect financier est un avantage pour la clinique (moins de personnel est nécessaire et plusieurs sessions peuvent donc être planifiées pendant la journée) et tente aussi à juste titre le patient qui se voit proposer un tarif compétitif. Mais la recherche du gain de temps est-il systématiquement à son avantage ?

Avec Artas®, qui une fois réglé ne nécessite pas un médecin expert en greffe de cheveux, l’automatisation semble être avant tout un bon relais pour des médecins peu expérimentés ou désirant débuter une nouvelle activité dans leur cabinet.

Les limites de la greffe de cheveux automatisée

Comme la FUT ou la FUE, les méthodes de greffes capillaires automatisées se focalisent encore et toujours sur la phase d’extraction au détriment de la phase d’implantation, pourtant aussi capitale, et même plus importante, pour le patient. Plus précisément :

Safer® et NeoGraft®

– Le diamètre dépassant le millimètre et la rotation du punch automatisé d’extraction des follicules favorisent les cicatrices à « effet mité » sur la zone donneuse.

– L’angle de pénétration de la pièce à main rotative n’est pas toujours identique à celui de l’axe du follicule sous la peau (qui peut être parfois différent de la direction du cheveu sortant du cuir chevelu), ce qui favorise les transsections.

– L’air de l’aspiration entraine un assèchement des greffons – qu’il est pourtant vital d’hydrater en permanence -, compromettant leur survie…et donc le taux de repousse.

– La seconde pièce à main (munie d’un piston) servait à l’origine à pousser les greffons dans les incisions faites sur la zone receveuse, mais peu pratique, la majeure partie des médecins qui utilisent cette machine implantent aujourd’hui les greffons sans cette pièce à main. Leurs infirmières ou techniciennes sont ensuite chargées de placer les greffons aux forceps dans les trous ou fentes préalablement créés. Comme en FUE et FUT traditionnelle.

– D’ailleurs, les incisions destinées à recevoir les greffons sont réalisées au bistouri sur la zone d’implantation. D’un diamètre volontairement plus large que celui de la pièce à main (qui dépasse souvent le millimètre – jusqu’à 1,4mm), ces incisions favorisent unaspect peau d’orange sur le cuir chevelu et ne sont pas idéales pour contrôler l’angle et la direction de repousse du cheveu. En effet, avec des incisions préalables, les cheveux sont implantés avec un angle entre 80° et 90° par rapport au cuir chevelu, alors que naturellement l’angle de pousse se situe entre 10° et 45°.

Artas®

– Une fois réglée, cette machine ne nécessite pas la présence d’un médecin formé spécifiquement à la greffe de cheveux pour effectuer son travail.

– Chaque greffon prélevé est ensuite réimplanté de la même manière qu’en FUT (ou méthode de « la bandelette » ), c’est à dire aux forceps dans des trous (ou des fentes) de réception préalablement réalisés.

– En pratique, le logiciel à des limites.  Il ne scanne que la partie extérieure du cuir chevelu, rendant difficile d’anticiper l’orientation des follicules sous la peau.

– Les punchs d’extraction sont souvent d’un diamètre bien supérieur à ceux utilisés en FUE manuelle.

– Il s’avère difficile d’utiliser Artas® pour les prélèvements sur les cotés et en périphérie : les médecins les plus expérimentés choisissent donc le plus souvent de passer à l’extraction manuelle en complément.

– Malgré les coûts de développement très élevés, cette machine n’a pas vraiment eu le succès espéré. Finalement, elle n’offre aucun avantage, sinon marketing, aux médecins qui pratiquaient déjà une méthode FUE automatisée ou manuelle.

Du prêt-à-porter…à la haute horlogerie

Qui pourrait bien vous reprocher de porter une montre Swatch ? Personne. La marque est mondialement connue, les design sont tendance. Mais il ne vous viendrait jamais à l’idée, ni à votre entourage, de la comparer avec une montre du maître-horloger Suisse Patek Philippe.

Dans le milieu de la greffe de cheveux, c’est pareil. L’attention doit être portée partout, la minutie est de rigueur, le résultat doit être impeccable. Les aspects médicaux, mathématiques et artistiques doivent être maîtrisés à la perfection, par des professionnels experts dans leur domaine. De l’extraction à l’implantation.

Mais une intervention n’est elle pas d’abord une relation humaine entre un médecin et son patient ? En tant qu’être humain, nous traitons les patients avec…humanité, avec des sentiments humains. Des émotions qui nous permettent de nous adapter, et qui se retrouvent forcément dans la façon dont on travaille et dans le résultat.

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